Conjonctivite chez le chat et le chien : comprendre, reconnaître et agir
La conjonctivite est une inflammation de la conjonctive, la fine membrane rose qui tapisse les paupières et recouvre le blanc de l’œil. Très fréquente chez nos compagnons à quatre pattes, elle peut toucher aussi bien les chats que les chiens. Bien qu’elle ne soit généralement pas une urgence vitale, elle provoque une gêne importante et nécessite une prise en charge rapide pour éviter les complications.
Quels sont les signes d’une conjonctivite ?
Les symptômes chez le chien et le chat sont assez similaires. L’œil devient rouge, gonflé, et l’animal peut avoir un écoulement clair, jaunâtre ou verdâtre. On observe souvent un clignement excessif (blépharospasme), une sensibilité à la lumière et des croûtes au réveil. Le frottement de l’œil avec la patte ou contre les meubles est également un indicateur fort. Chez le chat, un troisième œil (membrane nictitante) visible et proéminent est fréquent.
Origines variées : infectieuse, allergique ou traumatique
Les causes diffèrent selon l’espèce. Chez le chien, une conjonctivite est souvent allergique (pollen, acariens, produits ménagers) ou liée à un corps étranger (poussière, graines). Elle peut aussi être bactérienne secondaire à une sécheresse oculaire (kératoconjonctivite sèche). Chez le chat, les causes virales dominent : l’herpèsvirus félin (rhinotrachéite) et le calicivirus sont les principaux responsables. Des bactéries comme les Chlamydophila felis ou Mycoplasma sont aussi fréquentes. Dans les deux espèces, un défaut anatomique (entropion, distichiasis) ou un traumatisme peuvent déclencher l’inflammation.
Pourquoi ne faut-il pas attendre ?
Une conjonctivite non traitée peut évoluer en kératite (inflammation de la cornée), avec ulcères, douleurs intenses et parfois perforation de l’œil. Chez le chaton ou le chiot, une infection herpétique sévère peut entraîner des lésions cornéennes irréversibles. De plus, certaines maladies systémiques (calicivirose, chlamydiose, ehrlichiose) se manifestent d’abord par des signes oculaires. Un diagnostic précoce est donc essentiel.
Que faire à la maison en attendant la consultation ?
Ne jamais appliquer de collyre ou pommade destinés aux humains (surtout ceux contenant des corticoïdes, dangereux en cas d’ulcère). Vous pouvez nettoyer délicatement le contour des yeux avec une compresse stérile imbibée de sérum physiologique (sans contact direct avec l’œil). Empêchez l’animal de se frotter en utilisant une collerette (cône) si nécessaire. Isolez les chats atteints car les virus sont très contagieux entre félins.
Examens vétérinaires : comment pose-t-on le diagnostic ?
Le vétérinaire réalise un examen ophtalmique complet : test à la fluorescéine (détecte les ulcères cornéens), mesure de la production lacrymale (test de Schirmer), et prélèvement conjonctival pour analyse cytologique ou PCR (recherche de virus, bactéries). Ces examens sont souvent rapides et sans douleur, mais ils guident le traitement adapté.
Traitements selon la cause
Le traitement dépend de l’origine. Pour une infection bactérienne, des collyres antibiotiques (tobramycine, terramycine) sont prescrits. En cas d’herpèsvirus félin, on utilise des antiviraux (cidofovir, famciclovir) et des immunostimulants (interféron). Les allergies nécessitent des larmes artificielles et parfois des corticoïdes (uniquement après exclusion d’un ulcère). Une sécheresse oculaire est traitée avec des cyclosporines ou tacrolimus. Dans tous les cas, la durée du traitement (souvent 7 à 14 jours) doit être respectée jusqu’à guérison complète.
Prévention et suivi
La vaccination régulière des chats contre l’herpèsvirus et le calicivirus réduit la sévérité des conjonctivites virales. Chez le chien, éviter les irritants (fumées, sprays) et surveiller les races prédisposées (Shih Tzu, Carlin, Bouledogue). Lavez-vous les mains après avoir touché un animal infecté (certaines chlamydioses peuvent être zoonotiques). Un contrôle chez le vétérinaire est systématiquement conseillé après la fin du traitement pour vérifier la guérison.