La hernie discale chez le chien : symptômes, diagnostic et traitement
La hernie discale (ou extrusion/protrusion du disque intervertébral) est une affection neurologique fréquente chez le chien. Elle survient lorsque le noyau pulpeux d’un disque intervertébral se déplace et comprime la moelle épinière ou les racines nerveuses. Certaines races sont prédisposées, notamment les chiens chondrodystrophoïdes (teckel, beagle, cocker, bouledogue français, etc.). Une prise en charge rapide améliore nettement le pronostic.
Symptômes de la hernie discale
Les signes cliniques varient selon la localisation et la sévérité de la compression médullaire. Ils peuvent apparaître brutalement ou progresser sur plusieurs jours.
- Douleur cervicale ou dorsolombaire : gémissements, dos arqué, raideur, refus de sauter ou de monter les escaliers.
- Faiblesse des membres : boiterie, démarche incoordonnée (ataxie), difficultés à se lever.
- Parésie ou paralysie : incapacité à se déplacer avec les membres postérieurs (ou les quatre membres si hernie cervicale).
- Perte de sensibilité profonde : absence de réaction lorsque l’on pince les doigts (signe très grave).
- Incontinence urinaire ou fécale (dans les formes sévères).
- Hyperesthésie : douleur exacerbée au toucher ou lors des manipulations.
Si votre chien présente l’un de ces signes, surtout une paralysie soudaine, une consultation en urgence s’impose.
Diagnostic de la hernie discale
Le diagnostic repose sur une approche combinant examen clinique neurologique et imagerie médicale. Le vétérinaire spécialiste réalise plusieurs étapes.
- Examen neurologique : évaluation des réflexes, de la sensibilité, de la proprioception et de la force musculaire. Permet de localiser précisément la lésion (région cervicale, thoraco‑lombaire ou lombo‑sacrée).
- Radiographies standard : elles éliminent d’autres causes (fracture, tumeur, spondylose) mais ne visualisent pas directement le disque. Utiles pour orienter le diagnostic.
- Myélographie (ancienne technique) : injection d’un produit de contraste dans le canal rachidien – de moins en moins utilisée au profit de l’IRM.
- IRM (imagerie par résonance magnétique) : examen de référence. Permet de voir l’extension de la hernie, l’œdème médullaire et de planifier la chirurgie avec précision.
- Scanner (tomodensitométrie) : très performant pour détecter les calcifications discales et les extrusions osseuses. Parfois utilisé seul ou en complément.
- Analyse de sang et urine : excluent des affections métaboliques ou infectieuses pouvant mimer les symptômes.
Un diagnostic rapide est crucial : moins de 24 à 48 heures entre l’apparition des signes graves et la prise en charge influence directement le pronostic fonctionnel.
Traitement de la hernie discale
Le traitement peut être médical (conservateur) ou chirurgical, selon le grade neurologique (de 1 à 5) et l’état général du chien.
- Traitement médical (pour les formes légères à modérées) :
- Repos strict en cage pendant 4 à 6 semaines (sorties limitées et en laisse très courte).
- Anti‑inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sous contrôle vétérinaire.
- Myorelaxants et analgésiques (gabapentine, tramadol).
- Protecteurs gastriques pour éviter les effets secondaires des AINS.
- Rééducation passive (kinésithérapie, laser de classe IV, hydrothérapie) après la phase aiguë.
- Traitement chirurgical (indiqué en cas de paralysie, douleurs réfractaires ou aggravation malgré le traitement médical) :
- Hémi-laminectomie / Laminectomie dorsale : ablation d’une partie de l’arc vertébral pour décomprimer la moelle.
- Fenestration discale (préventive) : retrait du noyau pulpeux des disques adjacents pour réduire le risque de récidive.
- Pronostic post‑chirurgical : 80 à 90 % de récupération de la marche si le chien conserve une sensibilité profonde avant l’opération. En cas de perte de sensibilité depuis plus de 48h, le pronostic est réservé.
- Rééducation et soins post‑traitement :
- Kinésithérapie, massages, électrostimulation.
- Apprentissage de la marche sur tapis roulant immergé.
- Gestion de la vessie (sondage intermittent) pour les chiens incontinents.
- Aide à la mobilité (harnais, chariots adaptés en cas de paralysie définitive).
Le repos est impératif, même après chirurgie. Évitez les sauts, les escaliers et les jeux violents pendant au moins 2 à 3 mois.
Seul un vétérinaire (généraliste ou spécialiste en neurologie) peut poser un diagnostic précis et instaurer un traitement adapté à l’état de votre chien. Toute suspicion de hernie discale nécessite une consultation sans délai.